]- Mais puisqu'aucun de nous n'a manifesté le besoin de vous consulter, qu'il n'y a aucun malaise apparent. Comment est-ce que vous êtes certain que quelquechose a pu nous rendre...suspicieux des sentiments de l'autre?
Voyant Booth la regarder en coin avec appréhension, il sait qu'il a mit le doigt sur la source du problème. Et qu'il n'aura aucun mal à le leur faire avouer.
- A vous de me le dire Dr Brennan.
Résultat escompté, elle regarde aussitôt son collègue, comme pour savoir si elle devrait en dire d'avantage ou non. L'expression catégorique de Booth la stoppant net. Du moins c'est ce qu'il pense. Gordon pense au contraire qu'elle ne fera pas attendre la verité, voyant son honnèteté sans faille comme une très grande qualité, mais certainement un veritable handicap.
- Il y a deux mois...
- Bones!
Son ton est sec, comme toujours lorsqu'il essaie de l'empecher de dire quelquechose qu'elle pourrait regretter. Qu"ils" pourraient regretter en l'occurrence. Sachant que ce qu'elle s'apprête à dire pourrait mettre une fin définitive à leur collaboration. Mais elle, ne l'entend pas ainsi:
- Booth ecoute, je pense que l'analyse du Dr Gordon est très censée. Il peut nous aider à améliorer nos rapports. Même si, ma foi en la psychologie est limitée, je pense qu'elle peut se révéler efficace. Il t'a aidé, tu lui as fait confiance. J'ai confiance en toi, alors je lui fais confiance...
Booth grimace, agacé; il sait qu'elle a raison, mais il craint les repercussions. Tous deux ignorent à nouveau la présence du docteur, qui bien entendu se délécte de pouvoir les observer à loisir et en tirer les conclusions qui s'imposent.
- C'est justement là le problème Bones, la confiance.
En disant cela, Booth s'assied sur le bord du canapé, se rapprochant de Gordon. Il sait qu'il est trop tard pour faire marche arrière, et que tôt ou tard, il lui sera impossible de faire tenir sa langue à sa partenaire. Aussi prefère-t-il prendre les devants avec leur thérapeute:
- Dr Gordon... ce... ce qui est dit ici sera mentionné dans le rapport d'évaluation que vous remettrez à mes supérieurs?
- Une synthèse de mon analyse leur sera remise agent Booth, pourquoi ça?
Son "pourquoi", prononcé avec malice, fait comprendre à Booth qu'il n'est vraiment plus necessaire d'essayer de lui dissimuler quoi que ce soit; et... qu'il est possible de lui faire confiance. Pourtant il prefère s'en assurer:
- Non je veux dire, les details... Vous pouvez omettre de mentionner certaines causes? Ou bien est-ce que...
- Agent Booth, je suis psychothérapeute. Je suis par conséquent tenu au secret médical. Cela dit, si ce que vous me confiez a une influence sur la qualité de votre travail et que vous n'y remédiez pas, je serai forcé en tant que collaborateur du FBI, de transmettre les données afin que des décisions soient prises. Mais... Tout à fait entre nous, je ne pense pas que ce que vous êtes sur le point de me dire méritera d'être mentionné, si cela peut vous rassurer.
Le sourire complice de Gordon rassure autant qu'il inquiète Booth, qui se réinstalle au fond du canapé après avoir jetté un coup d'oeil vers Bones, elle même absorbée par l'observation de leur conversation. Réalisant maintenant que son habituel manque de reserve pourrait leur causer beaucoup plus d'ennuis qu'à l'accoutumée. Aussi lorsque les deux hommes tournent leur attention vers elle pour qu'elle reprenne là où elle avait été stoppée, elle n'ose pas affronter leur regard:
- Dr Brennan, où en étiez vous?
Elle cherche les mots, hésitante, marquant de nombreuses pauses. Sa gène se répercutant sur Booth, qui, aimerait vraisemblablement pouvoir prendre la parole à sa place pour la soulager, se... soulager.
- Je... Il y a deux mois... ma... ma meilleure amie Angela... Elle... elle et Hodgins se sont mariés, enfin ils ne se sont pas vraiment mariés, ils sont partis précipitement. Il se trouve qu'Ange est, toujours mariée, et donc leur mariage n'était pas légal. On ne sait toujours pas à qui elle était mariée, elle non plus d'ailleurs...
La voyant se perdre dans d'habituelles digressions, Booth grimaçe, doutant encore de ce qui viendra ensuite, mais il ne l'interrompt plus pour autant. Peu désireux de rendre la chose encore plus suspecte aux yeux du docteur Gordon. Enfin, elle ose regarder son partenaire en quète d'approuvement, mais lorsqu'elle voit sa tête, elle comprend qu'elle ferait mieux d'en venir aux faits, quels qu'ils soient:
- Bref... pendant la cérémonie, Booth m'a expliqué, que mon père aurait pu... s'enfuir quand il l'a arrêté. Qu'il ne l'aurait pas poursuivi, par égard pour moi. Qu'il... a accepté de se battre avec lui quand mon père lui a demandé, plutôt que de devoir lui tirer dessus. Parce que mon père, ne voulait pas m'abandonner et... Je suis désolée, je ne suis pas très claire. Mais j'ai énormement de mal à exprimer ce genre de...
Effectivement, Booth et Gordon la regardent, perplexes. Ni l'un ni l'autre ne s'attendaient à ce qu'elle dise ça, et si le premier est plus amusé qu'autre chose par cette tentative de dissimulation maladroite; le second, sourcil haussé, commence à voir où elle veut en venir et s'empresse de donner plus de corps à sa déclaration hasardeuse. Du moins essaie:
- Oui ce que... Bones essaie de dire c'est que... Oui non en fait je ne sais pas. Bones?
- Je veux dire que peut-être que le fait que... tu aies choisi de me protéger, par delà ta fonction; le fait que tu te sois battu avec... mon père parce qu'il te l'a demandé... Si ca avait été un criminel entre guillemets "normal", tu lui aurais tiré une balle dans la jambe probablement, je ne sais pas. Là tu ne l'as pas fait parce que tu ne voulais pas me faire de mal, et, tu as accedé à sa demande parce que c'est mon père et que... Non Booth s'il te plait, je ne suis vraiment pas douée pour ça...
Le regard suppliant, elle est plus embarrassée que jamais. Parce que malgré la teneur du propos, elle se met à nu, véritablement. Et elle voit que ça touche Booth, profondément. Sans doute la raison pour laquelle elle lui demande de mettre fin à son supplice, en lui disant qu'il comprend, qu'elle n'a pas besoin de se torturer à dire des mots qu'elle n'a jamais dits. Il lui sourit:
- Tu es très douée au contraire. Enfin, relativement. Disons que le principal c'est que j'ai comprit.
Passant de l'emotion à l'amusement, ils échangent un de ces regards dont ils ont le secret; et une fois encore, Gordon y met fin avec satisfaction. Ils sont faciles à lire, mais néanmoins passionnants:
- Donc, Dr Brennan, vous craignez que le soin apporté à votre père par l'agent Booth ne soit le témoin de sentiments plus, profonds pour vous? Bien. C'est très pertinant, mais cela dit je ne pense pas qu'il soit question de ça aujourd'hui. Vous semblez tout à fait conscients de ce fait tous les deux.
Booth sourit, désabusé, lançant un coup d'oeil à sa partenaire:
- Bien essayé Bones.
- Quoi? J'étais sincère...
- Je sais.
Souriant toujours, il fixe son attention sur Gordon:
- Vous promettez de ne pas vous étendre sur les détails dans votre rapport?
- Dans la mesure où ils n'affectent pas de manière définitive votre collaboration, et/ou s'il est possible d'y remédier. Cela va sans dire.
Comme s'ils étaient en train de marchander quelque chose, ils posent les termes d'un accord que Bones ne comprend pas. Elle qui était d'habitude si peu douée pour mentir, avait senti qu'il était temps pour elle de ne pas servir uniquement la verité, et voila que Booth l'encourage dans le sens inverse. Quitte à mettre en péril leur avenir commun.
- Oui on... parlera de la définition de "remédier" plus tard. Donc, on peut vous faire confiance?
- Avez vous déjà eu à vous plaindre de moi par le passé agent Booth?
- Bien.
Satisfait, il lui tend la main afin de sceller leur accord; laissant Bones à sa contemplation, legèrement larguée:
- Qu'est-ce que... Pourquoi vous faites ça?
De nouveau confiant, à l'aise, Booth regarde sa partenaire avec un amusement sincère, reprenant son rôle de protecteur, d'interprète. S'empêchant de s'imaginer quel vide il aurait à combler s'il devait abandonner ce rôle un jour pour une erreur comise, un erreur qu'il ne regrette pourtant pas.
- Vas y Bones. Dis lui la verité...
- Quelle verité? Je lui ai dit la verité à l'instant.
- Non Bones... Rembobine. "Il y a 2 mois.." après, la cérémonie... pas pendant.
S'apprêtant à protester, elle ouvre la bouche, mais observant son partenaire elle comprend tout à coup la raison d'être de leur poignée de main. Et se dit que s'il a accepté de parler, c'est qu'il ne doit rien avoir à craindre. Se reposant une nouvelle fois sur son jugement sans le questionner:
- Mai... D'accord. Cela dit, il y a eu quelque chose pendant la cérémonie aussi...
Voyant la nouvelle grimaçe teintée d'incompréhension affichée par Booth, le doc s'imisce afin de tirer les choses au clair. Son pragmatisme et son sourire paternaliste le servant à merveille comme toujours:
- Peut-être que ce qui est arrivé pendant la cérémonie n'était pas aussi important pour l'agent Booth que pour vous Dr Brennan.
Légèrement vexée par la remarque, le regard de Bones passe du docteur à son partenaire. Et si l'expression de ce dernier passe de la pseudo incompréhension à la peur d'avoir manqué de tact, Gordon lui, est heureux de voir que son nouveau stratagème a fonctionné. Effectivement, rien de tel que le conflit pour révéler les sentiments... Les réactions sont instantanées, jamais calculées.
- Booth m'a demandé de l'épouser quand Jack et Angela sont partis.
- Interessant...
- AAaah, ça. Oui mais je plaisantais Bones. Je veux dire, tu sais que je plaisantais, non?
- Oui, enfin quand je t'ai dit oui, tu n'avais plus vraiment l'air de plaisanter...
- Vous lui avez dit oui? Très interessant.
Moue pensive pour le psy, regard fuyant pour l'agent du FBI, et mine convaincue pour l'anthropologue. La dernière attendant de son partenaire plus qu'une de ses sempiternelles grimaçes comme contre-arguement:
- Booth...
- Oui mais... Tu plaisantais toi aussi. Evidemment, je... sur le moment je ne m'attendais pas à ce que tu répondes oui. Essentiellement parce que ce n'est pas ton... genre.
De nouveau vexé par le sous entendu -son manque d'humour ayant toujours été un handicap socialement- elle se contente d'ouvrir la bouche; laissant à Gordon le soin de la ramener à la raison:
- Dr Brennan, quand... vous avez dit oui, pourquoi est-ce que vous l'avez fait?
- J'avais envie de voir sa réaction. Quelques jours avant, il m'avait fait une remarque sur le mariage et je lui avais dit que s'il plaisantait avec moi à ce sujet c'était peut-être révélateur d'un désir subconscient.
- Très juste Dr Brennan.
C'est maintenant au tour de Booth de rester bouche bée. Voulant protester, il se sent en inferiorité numérique soudainement. Il plaisantait sincèrement ce jour là, du moins, jusqu'à ce qu'elle dise oui, effectivement. Peut-être qu'ensuite, sa gène, n'avait été que le reflet d'une reflexion plus sérieuse, trop hypothétique sur le sujet. Mais la question n'était pas là, plus aujourd'hui. Aussi prend-t-il une seconde, histoire de savoir exactement sur quelles bases il va faire repartir le débat. Manipuler le dialogue... Ce n'est que son métier après tout.
- Ok bien; ma réaction était normale, j'ai été surprit, point. Pas plus surprit que je ne l'ai été quand tu m'as allumé à la reception.
Réaction très gamine, il sait qu'il n'a dit ce qu'il a dit que dans le but de reprendre le dessus dans l'échange. Que dans le but de faire oublier une légère faiblesse sentimentale au profit d'une autre. Et même si cela se revèle efficace -il n'en doute pas aux vues de l'expression de sa partenaire- il se sent coupable de l'avoir utilisée pour ne pas paraitre faible. Mais une fois dans le jeu...
- Je... Je ne t'ai pas allumé!! D'abord qu'est-ce que ça veut dire "allumer"?!!
- Allumer? C'est quand ta partenaire vient s'asseoir sur tes genoux en te disant qu'elle te considère comme son territoire "anthropologiquement", et qu'elle te harcèle pour que tu promettes que tu ne coucheras plus avec ton ex -Cam, en l'occurrence- afin qu'elle n'ai pas à affirmer son autorité sur le territoire que tu représentes. Ah et eventuellement, quand elle frotte son derrière contre ton entre-jambe pendant que vous dansez.
Voyant le Dr Gordon réprimer un léger éclat de rire, elle le regarde, vexée, ressentant le besoin de se justifier:
- J'avais bu. Je n'étais plus maitre de moi-même.
- C'est le moins qu'on puisse dire...
Et c'est au tour de Brennan de ressortir leur "dirty little secrets" afin de reprendre la main. Encore et toujours en proie à cette soif de domination qui les caractérise.
- Tu n'étais pas vraiment maitre de toi-même non plus dans la piscine, si tu veux en venir aux détails...
Gordon fronce maintenant les sourcils, et alors que Booth s'apprête à répliquer, il les interrompt d'un signe de main, désireux de comprendre; et définitivement amusé:
- Cette soirée a, vraisemblablement été riche en evènements, mais, si vous pouviez vous y reférer chronologiquement, cela m'aiderait grandement.
Booth prend la parole avant qu'elle n'ait le temps de le faire. Usant d'un débit de parole suffisament important pour qu'elle ne puisse pas lui couper la parole, comme elle avait l'habitude de le faire:
- Ce soir là, Bones a passé plus d'une heure à se faire draguer par un type qui lui versait et reversait du champagne sans qu'elle s'en rende compte. Quand elle est venue me voir, elle était legèrement éméchée d'où son comportement. Je lui ai demandé de s'asseoir le temps que j'aille lui chercher un café, et avant que je ne sois revenu elle était partie. Je l'ai cherchée pendant une demi heure, j'ai fait le tour du parc où avait lieu la reception. J'avais peur que le minable qui l'avait saoulé ait profité de la situation pour l'embarquer avec lui. Bref, finalement je l'ai retrouvée dans la piscine de l'hotel.
- Seule?
- Seule. Et nue.
Face à cette précision, Gordon laisse échapper un sourire. Pas tant pour la mention de sa nudité que pour la manière dont Booth a prononcé le mot; avec gravité. Brennan elle, roule les yeux en signe de protestation, avant de préciser à son tour:
- Evidemment, nue. Un bain de minuit habillé n'est par essence, pas un bain de minuit. Les traditions...
- Oui je sais tu me l'as déjà dit. Bref, j'avais peur qu'elle se noie. Alors je lui ai demandé de sortir, ce qu'elle a refusé de faire. Evidemment. Il a fallu que j'aille la chercher moi même.
Acquiesant avec gravité -une gravité toute relative- Gordon ne demande pas d'avantage de détails, sachant que Booth ne risque pas de les lui donner. Pour cela il attend que Brennan veuille reprendre l'avantage, ce qu'elle ne tarde pas à faire. Se moquant au passage de son partenaire:
- Il ne voulait pas que je le regarde se déshabiller. Quand il m'a rejoint il était pétrifié...
Agacé, Booth lève les yeux au ciel:
- Je suis pudique, moi.
- Avec moi? J'étais ta partenaire, il n'y avait aucune raison de...
Cette fois c'est le Dr Gordon qui se permet de lui couper la parole:
- Excusez moi Dr Brennan, vous venez, de considérer votre collaboration professionelle comme un fait passé. Puis-je... vous demander pour quelle raison?
Baissant le regard, elle se culpabilise d'avoir encore laissé sa langue fourcher. Mais réalisant que quoi qu'il arrive, rien ne lui sera épargné et que les moindres détails de ce qui a pu se produire ou non seront exposés, la maladresse dont elle peut éventuellement faire preuve n'a plus vraiment d'importance. Ce qui importe c'est d'être vrai; et c'est une des choses qu'elle maitrise le mieux.
- Oui je... Je veux dire qu'évidemment, le but de votre analyse étant de prouver que ce qui est arrivé entre nous personellement a modifié notre manière de collaborer professionellement, on peut considérer cet instant dans la piscine comme le dernier instant où nous n'étions encore "que" des partenaires.
Pensant sa propre analyse sincère et juste, elle se tourne vers Booth qu'elle découvre en train d'acquieser. Gordon lui, sourit toujours:
- Très intéressant. Mais la question est de savoir ce qui est arrivé dans cette piscine...
Biensur, rentrer dans le "vif" du sujet met à la fois Booth et Brennan mal à l'aise. Ainsi se regardent-ils à nouveau afin de décider qui prendra la parole. Quand il fait un signe de tête l'encourageant à parler, elle murmure un "non" à la fois catégorique et embarrassé, lui faisant rouler les yeux, résigné:
- Ok... Je suis, entré dans la piscine pour l'en sortir. Au moment où je l'ai prise dans mes bras, j'ai réalisé qu'elle était nue. J'étais gené...
- Pour quelle raison?
J`ai couper un gros bout de l`histoire que je vais mettre plus tard parce que c`était trop long sinon.
Alors comment la trouvez-vous?!?